Une personnalité: Chistophe de Gomer

Seigneurs et familles de Le Breuil

À cette époque, le titulaire de l’abbaye d’Orbais était un cousin de Gomer, Nicolas de la Croix, ambassadeur en Suisse du roi Charles IX. Malgré leur parenté, à la suite de différends motivés par des questions d’intérêt, ces deux hommes se vouèrent une haine mortelle.

L’abbaye d’Orbais a toujours revendiqué certains droits sur le Breuil, et possédait sans contestation, le prieuré et la petite terre de Saint-Germain et une redevance annuelle de 116 boisseaux de froment et de 116 boisseaux d’avoine. Elle s’est vue confisquer la seigneurie de Fransauge par Christophe de Gomer.

Ce dernier avait embrassé la religion protestante, il était dévolu à Louis de Bourbon, dont il était le vassal pour la terre de Luzancy près de La Ferté-sous-Jouarre.

Des mémoires accusent Gomer d’avoir incité les troupes calvinistes, commandées par le prince de Condé, à piller le couvent d’Orbais. Ce qui est certain, c’est que Christophe de Gomer fut tué, en 1571, dans le château abbatial, de la main ou sur ordre de l’abbé Nicolas de la Croix.

Le drame est ainsi conté dans une pièce déposée en 1662 au siège présidial de Château-Thierry, copié par Don du Bout.

Le corps de Gomer fut transporté au Breuil. On raconte, et ce récit reste vivace dans l’âme du peuple de cette région, que sa veuve, Charlotte de Marle, chaque soir, à l’heure de la prière, devant les vêtements ensanglantés de son mari, faisait jurer à ses enfants de venger leur père.

Sans doute pour échapper à cette vendetta, de La Croix retourna en Suisse, mais le 22 juillet 1577, alors qu’il rentrait à son abbaye, il fut assassiné, à la descente du village de Verdon, près du cimetière, par Christian de Gomer qui le poursuivait avec 40 hommes de troupe.

Christophe de Gomer a été parmetier du roi, capitaine gouverneur de Reims, grand maître des Eaux et Forêts du duché de Château-Thierry, prévot de Chatillon-sur-Marne, et député de la noblesse aux états généraux de 1560.

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